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« Le plus grand défi : les pasteurs »

Conversation avec Chriss Campion : pasteur et un des fondateurs d'Un Seul Nom

égliseslocales
21 septembre 2026 · 7 min de lecture
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« Le plus grand défi : les pasteurs » · © égliseslocales

Avant de fonder « Un Seul Nom », Chriss Campion était promis à une carrière musicale. Universal France avait déjà ouvert le champagne. Il a pourtant quitté ce chemin le jour où il a rencontré celui qu’il appelle désormais le Roi des rois.

J’ai d’abord voulu comprendre ce qui l’anime. Puis j’ai voulu voir ce qui se produisait sur le terrain.

Cette rencontre s’est donc faite en deux étape : une immersion, du sud de la France jusqu’à Paris, pour suivre l’homme derrière le ministère et découvrir ce qu’est réellement Un Seul Nom puis une longue conversation autour de l’unité.

« Ceux qui pensent n'avoir besoin de rien »

Chriss connaît de l'intérieur un monde où l'on apprend très tôt à ne compter que sur soi. Chez les forains, « à 20 ans, il faut que tu aies ton manège » ; l'aveu de faiblesse n'a pas sa place, et « moi, j'ai besoin de personne » résume une mentalité de débrouille. Un peuple, rappelle-t-il, qui a « extrêmement souffert du rejet ».

Comment l'Évangile entre-t-il dans des cœurs qui ne demandent rien ? Sa réponse renverse la question.

Ceux qui pensent n'avoir besoin de rien font partie de ceux qui ont le plus besoin de Dieu.

C'est, dit-il, « un aveuglement, une stratégie de l'ennemi » pour faire croire que tout va bien. Lui-même n'a pas été convaincu par un discours : « La foi vient de ce qu'on entend. » Des paroles entendues sont « venues prendre place » dans son cœur, jusqu'au jour où « quelque chose s'est allumé » : l'écho de l'Ecclésiaste : « Dieu a planté dans le cœur de l'homme la pensée de l'éternité. »

Ni un sens interdit, ni une contrainte

Longtemps, la foi lui a été présentée « comme un sens interdit, une vie incompatible » avec la sienne. Il a fini par comprendre l'inverse : « C'est simplement une histoire de foi, d'amour et de confiance. Dieu n'impose rien, Dieu se propose. »

D'où sa manière d'annoncer l'Évangile : moins par les mots que par les actes. « Quelqu'un qui a soif a besoin d'un verre d'eau. Quelqu'un qui est malade a besoin d'une guérison. » Le prédicateur, dit-il, n'est qu'« un intermédiaire pour un temps » : « Je ne suis pas ton père, c'est lui le père, je veux te connecter au père. »

Cette idée prend tout son sens quand on observe Un Seul Nom fonctionner concrètement. Les personnes touchées pendant les événements ne sont pas gardées pour construire une communauté parallèle. Elles sont orientées vers les églises locales. L’objectif n’est pas de bâtir une marque autour d’un homme, mais de conduire les personnes vers Christ puis de les reconnecter à une communauté.

« Des gens en avance, ou en retard »

Sur les divisions entre églises, Chriss assume une position qui peut surprendre.

Je vois très peu de gens dans l'erreur. Je vois soit des gens en avance, soit des gens en retard.

Il refuse de se faire « contrôleur des impôts divins ». Sa boussole : l'amour ne dépend pas de l'accord. « Ce n'est pas parce que je suis en désaccord avec toi que je te retire mon amour. » Et de prévenir : quand Satan vient tenter Jésus, « il ne vient pas avec de l'alcool, il vient avec des versets bibliques désorientés ». Chaque église a ses forces, délivrance, enseignement, guérison, évangélisation, « mais l'objectif, c'est le salut des hommes. Dès qu'on perd ça, on a perdu l'objectif divin. »

Et ce scène hors du temps résume peut-être mieux que tout le reste cette vision : un Arabe et un Gitan côte à côte et le pasteur Saïd Oujibou qui lance : « On parle toujours des trains qui arrivent en retard, des Arabes qui arrivent en retard, des Gitans qui arrivent en retard. Mais nous aussi, on est beaucoup arrivés à l'heure. » Là, il n'y a plus d'ethnie, plus d'étiquette, plus de rang social. Un Seul Nom.

« Un Seul Nom » : un ministère reçu, pas inventé

L'histoire du mouvement tient presque du clin d'œil. Cherchant un visuel pour une réunion sous chapiteau, lui et un frère tombent sur une vieille pochette de CD portant les mots « Un Seul Nom ». La formule colle : « un nom qui libère, un nom qui sauve, un nom qui guérit, Jésus. » On leur fait d'abord retirer le slogan. Puis, un an et demi plus tard, en préparant un événement à MLK, l'idée resurgit. « On a attrapé le concept et on ne l'a plus jamais laissé partir. On n'est pas tombé sur cette affiche par hasard. »

Mais je ne voulais pas seulement entendre l’histoire d'Un Seul Nom. Je voulais voir ce qu’il devenait une fois les portes ouvertes. Alors j’ai suivi Chriss.

À la Cité Royale, j’ai découvert l’envers du décor.

Trois régies coordonnées. Une script. Une chargée de production. Un poste de premiers secours prévu pour les visiteurs. Des équipes qui travaillent longtemps avant que le public ne voie quoi que ce soit.

Tout cela pour une conviction que Chriss résume ainsi :

Le but, ce n'est pas de conduire les gens à la délivrance ni à la guérison, mais de les conduire à Jésus.

Même chose dans son rapport au ministère.

Dans son église, explique-t-il, aucun pasteur ne se verse de salaire. Tous vivent de leur métier ou de ce qu’ils possèdent déjà. Une manière, pour eux, de préserver une liberté : que l’argent ne devienne pas ce qui dirige le ministère.

Et derrière l’organisation, j’ai aussi découvert l’homme. Un leader capable de me dire :

Aujourd'hui, je me fais plus confiance. Pas par fausse modestie. Parce qu’il sait ce dont un cœur humain est capable, le sien compris. Alors il s’entoure de personnes autorisées à lui dire non. Il prend des temps de retrait. Il protège son foyer. Et il répète qu’il ne court pas un sprint mais un marathon. Sa distinction entre unité doctrinale et unité de la foi résume une grande partie de sa vision : tout le monde ne pense pas pareil, mais tous peuvent apprendre à servir ensemble autour de l’essentiel.

Le plus grand défi : les pasteurs

Interrogé sur la principale difficulté d'« Un Seul Nom », sa réponse l'avait lui-même étonné.

La plus grande difficulté ne se trouve ni avec les gens du monde, ni avec les chrétiens, elle se trouve avec les pasteurs.

Manque de confiance, blessures, questions d'offrandes ou de préséance… Le vrai défi, dit-il, c'est « d'arriver à ce que les pasteurs soient unis, transparents, et se mettent en avant les uns les autres ». Sa nuance reste pleine d'espérance : « Ce n'est pas parce que tu as mangé une pomme qui n'est pas bonne que toutes les pommes sont mauvaises. » Il cite en exemple ces « jointures » du corps de Christ, des hommes comme le pasteur Saïd Oujibou, qui « ouvrent leur carnet d'adresses » au lieu de garder pour eux.

Autrement dit, l’unité ne consiste pas seulement à se retrouver sur une affiche. Elle doit produire quelque chose. Et c’est précisément ce que cherche à faire Un Seul Nom.

Concrètement, le mouvement veut faire travailler ensemble des ministères différents pour organiser des événements d’évangélisation et de guérison à travers la France. L’idée est de faire voyager Un Seul Nom de ville en ville, au contact des populations, des églises locales et de celles et ceux qui cherchent encore.

Cette vision s’articule autour de deux axes.

D’abord, organiser des campagnes et des soirées d’évangélisation dans des lieux accessibles à tous : salles, rues, quartiers ou stades pour annoncer l’Évangile avec feu et compassion.

Ensuite, former et équiper les croyants afin qu’ils puissent témoigner de leur foi avec simplicité, clarté et puissance, aussi bien dans leur quotidien que dans des actions collectives.

Derrière ces événements, il y a donc une ambition plus large : voir des vies transformées par la puissance du nom de Jésus, éveiller les consciences, restaurer les cœurs brisés et contribuer à une Église qui avance unie pour annoncer au monde que Jésus-Christ est Seigneur.

Un Seul Nom continue à Avignon

Ce que j’ai filmé n’était pas la fin de l’histoire.

Un Seul Nom poursuit sa route dans plusieurs villes en 2026-2027

La prochaine édition aura lieu le 17 octobre 2026 à Avignon, autour d’un même objectif : évangélisation et réveil. Yannis Gautier, Chriss Campion, Nikita, Patchai et Ruben sont annoncés pour cette nouvelle rencontre. L’événement aura lieu au Parc des Expositions d’Avignon, chemin des Félons, 84140 Avignon.

Ouverture des portes à 15h00. Début de l’événement à 16h00. L’entrée est gratuite sur réservation.

Si tu veux simplement venir, découvrir l’événement ou inviter quelqu’un qui ne connaît pas encore Dieu : S’inscrire à Un Seul Nom Avignon 2026 : https://unseulnom.org/evenement

Si tu crois dans cette vision et que tu souhaites contribuer financièrement à l’organisation : Clique sur faire un don https://unseulnom.org

Et si tu souhaites participer autrement, l’organisation recherche également des volontaires pour l’accueil, l’orientation, la logistique et le protocole. N'hésite pas à me contacter pour te rediriger vers les organisateurs.

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